UN SÉJOUR VACANCIER À BATCHINGOU

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Le grand-père honoré par Tankoua qui l’écoutait religieusement, modula le chapitre.
– “En règle générale, le chef de famille mettait ses femmes au nord, et occupait le sud, un peu en retrait.” Le grand-père resté impatient avait repris le témoin.
– “Ses femmes?” Demanda Tankoua intrigué.
– Oui.Avant et même après la colonisation, la polygamie se pratiquait comme un héritage ancestral et coutumier. La valeur d’un homme se mesurait à la taille de sa famille. La monogamie. L’enfant pauvre de la société d’hier. Il n’y avait pas de nombre limité de femmes pour un homme. Chacun y allait compte tenu de la capacité de ses poches, et de l’espace vital. Les grandes familles méritaient estime et respect.
– “Il faut dire, “l’Oncle Nana entrait dans la danse. La polygamie avait deux formes: la polygynie et la polyandrie. La polygynie souvent appelée la polygamie, consacre l’union d’un homme avec plusieurs femmes. La polyandrie qui se situe du côté opposé n’a jamais trouvé un terrain fertile dans notre civilisation. La polygynie encore pratiquée ici au village se trouve sur une pente glissante à cause des problèmes qui lui sont propres. Beaucoup des facteurs ont questionné sa validité: le système économique intégrateur des femmes dans la vie active, l’instruction et l’éducation, le regard désormais positif sur le célibat des femmes, et la crise économique. On y entre OK, et une fois à l’intérieur, on est KO. La polygynie se gère avec patience, compréhension, impartialité, et prudence. Il faut s’y mettre à l’école des valeurs.


Les jours suivants, Tankoua accompagnait sa grand-mère aux champs de maïs et d’arachides. Celle-ci lui apprit à manier la houe pour ennobler le pied des tiges de maïs, d’arachides, d’ignames, et de bien d’autres plantes agricoles. Les champs de la grand – mère, des fourre-tout. Ȧ ce moment de l’année, les champs souffrent de l’invasion de mauvaises herbes. Il faut leur faire la guerre de peur qu’elles n’étouffent les plantes. Ah, la nature! Rien ne vient sans peines. Les reins et le dos de Tankoua ne tardèrent pas à lui demander des comptes. Il se redressait pendant de nombreuses minutes pendant que sa grand-mère restait courbée à la tâche. Avait-elle pris du Red Bull? Quel était son secret? Elle semblait obstinée par cette campagne qu’elle avait toujours gagnée contre l’invasion répétée de la flore nuisible. Avant qu’elle ne s’en rendît compte, le citadin avait orchestré un massacre inédit, non intentionnel parmi les légumes. La grand-mère Ngandieuh aida son petit-fils à mieux assimiler ses leçons. Elle repiqua les légumes. Cette fois, elle tenait l’élève à l’œil. La brume suivie de légères précipitations avait chassé le soleil paresseux de juin. À mi-parcours du trajectoire du soleil, les deux paysans se retirèrent dans la maison de la grand-mère. Elle vivait dans cette habitation avant l’avénément de l’habitat groupé. Elle fit le feu. Elle passa aux braises la boule de koki qu’elle avait apportée pour le déjeuner. De son vrai nom Keukhadjou (Sans revendiquer la dette), le koki sous sa forme actuelle remonte à Bazou autour d’une histoire des talents culinaires d’un notable en la matière, de dette qu’il contracte auprès d’un commerçant pour l’achat d’un fusil de chasse, d’apprentissage culinaire de la fille de l’homme d’affaires chez le notable, du mariage et d’abus de confiance de la part du notable, et de l’abandon de la dette par le beau-père). La grand-mère Ngandieuh originaire de Batcha (un village voisin de Bazou) en était une experte: une très bonne chef cuisinère. Et comme elle avait passé sa jeunesse là-bas à Bakwat chez nos frères les Mbos dont les femmes sont réputées en koki, elle n’avait pas de concurrentes. Les bananes subirent un destin similaire. Le Grand-père appelé ne tarda pas à faire son entrée. Il avait un sac pendu sur son épaule gauche. Un bidon blanc qui avait perdu sa teinture aux contacts permanent avec la terre rouge. La grand-mère Ngandieuh sortit le déjeuner des braises. Elle le découpa en trois partions égales. Elle mit la part de chacun sur une feuille de bananier qui faisait office de plat. Le grand – père Tanou ne pouvait plus garder longtemps le mystère de son bidon. Il prit trois verres en plastique sur l’étagère. Du vin blanc! Quand Tankoua en fit une gorgée, une lumière ravissante se fixa dans ses yeux. Du vin de raphia, frais et sucré comme du nectar! Il vida d’un coup son verre, et le remplit immédiatement. Avant de prendre la première bouchée de son repas, la grand – mère prit entre ses doigts une petite quantité qu’elle distribua aux quatre coins de la maison, tout en disant: “O dieux mangez car vous avez aussi faim.” Son mari reprit le geste son épouse tout en versant un peu de son nectar au sol.
Les dieux affamés! C’était absurde! Tankoua se croyait dans un conte des fées. Il réprima concommittammant le désir de rire et la volonté de poser des questions. Il avait peur de contrarier ses grands- parents. Il avait auparavent appris beaucoup des choses des villageois dont la mentalité superstitieuse s’accommodait mal des contradictions dialectiques.
Le travail reprit à l’issue de la pause alimentaire. Le grand – père Tankoua redescendit vers le bas-fond de la concession où il avait passé toute la matinée. Fatigués, la journée bien remplie, chargés de bois mort et des provisions crues, les trois campagnards regagnaient l’agglomération vers seize heures. Les reins de Tankoua ne pouvaient pas demander mieux. Toute la semaine, Tankoua travailla dans les champs de sa grand – mère.

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